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L’enfant au milieu des mensonges de ses parents dans la séparation

par Elodie Cingal


"Papa ! Maman m’a dit que tu ne t’es jamais occupé de moi. Elle dit aussi que tu ne m’as jamais amené à l’école et que tu rentrais tard le soir"
"Maman ! Papa, il dit que tu m’as fait pour ne plus travailler et que c’était juste pour lui prendre son argent"

Le mensonge est une arme très fréquemment utilisée dans le contexte de séparation/divorce.

C’est une forme de manipulation que les femmes autant que les hommes affectionnent. A travers ce mensonge véhiculé par l’enfant, chacun trouve le moyen de faire du mal à l’ex. Malheureusement, en instrumentalisant l’enfant, on ne heurte pas que l’adulte. L’enfant, en première ligne, est celui qui en souffre le plus.

Nous allons nous intéresser à ce parent qui entend son enfant lui exposer le mensonge. Doit-il dire à son enfant que l’autre parent raconte des bêtises et, par là même, le disqualifier. Ou au contraire, doit-il se taire et laisser son enfant croire le mensonge ?

Dans les deux cas, l’enfant est lésé et finira par penser que l’un des deux parents est moins compétent et moins fiable. Cela entrainerait, si la situation devenait répétitive, une absence de confiance en ses deux parents. L’enfant ne saura plus vers qui se tourner car il aura toujours un doute sur qui ment. Cette situation où l’enfant est au milieu des mensonges n’est donc pas anodine. Elle doit être évitée le plus possible.

Pour commencer, il faut entendre que lorsqu’un enfant ose dire à son parent que l’autre parent a dit ceci ou cela sur lui, c’est d’abord un bon signe.
C’est que l’enfant lui fait suffisamment confiance pour lui dire des choses difficiles. Il compte également sur lui pour l’aider à se forger une opinion. L’enfant vient ici déposer son incompréhension. Et, il s’agit de faire de son mieux pour ne pas le décevoir.

Un enfant s’identifie à ses deux parents. Même quand il est en colère ou rejette l’un des deux, il s’identifie, … par opposition, mais il s’identifie.
C’est justement pour cette raison que le parent victime de mensonge est piégé.

Que dire ?
La vérité au risque de rajouter un nouveau malaise dans la tète de son enfant ou le laisser penser une chose négative et erronée sur l’un de ses parents .
Tout d’abord, il faut rétablir la vérité. L’enfant ne doit pas se retrouver avec un bug dans le continuum de son histoire. Le laisser avec des mensonges sur son passé, c’est transformer son histoire, ses émotions en tentant d’effacer et de remplacer. Or, l’enfant, pris dans le mensonge de ses parents, se retrouve à vivre en décalage avec lui-même, avec son histoire. Il est comme posé dans une histoire parallèle qui ressemble à la sienne mais qui ne l’est pas.

On doit donc rétablir la vérité, mais pas n'importe comment !
- On ne peut donc pas dire que maman (papa) ment !! Malheureusement, c’est le reflexe de la majorité des parents. Il ne s’agit pas ici de se culpabiliser et de s’en vouloir. Un parent n’est pas un psy. Il n’est pas naturellement formé pour se défendre d’attaque mensongère de l’autre parent.

- On tente alors de faire preuve de créativité. Au lieu de dire maman a menti, on dit "je suis étonné, écoute je n’ai pas les mêmes souvenirs que ceux de maman. Moi, je me souviens très bien de ces vendredis où… et de ces parties de ballon… et de ces mercredis entre nous. Tu t’en souviens ?".

- Le "tu t’en souviens ?" est important car on fait appel à sa mémoire, à son histoire et non plus à une vérité énoncée. L’enfant fait l’effort d’aller chercher en lui ce qui lui appartient. Il est fort probable qu’il ne souvienne pas (car trop petit) mais ce n’est pas grave, il aura eu votre version qui correspond à sa vraie histoire !
Vous pouvez aussi faire appel aux photos et aux vidéos pour passer un bon moment avec l’enfant autour de votre relation. Attention à ne pas lancer, l’air de rien des petites phrases du type "tu vois que j’ai raison. Tu vois bien qu’on a fait des trucs". Non, on partage simplement des souvenirs ensemble car c’est aussi l’occasion "d’être ensemble".

Ainsi, on dément ce que l’autre parent a dit sans le dénigrer. On dit que ce sont des souvenirs différents et non pas une vérité. Je sais que cela demande un grand effort de ne pas rendre à l’autre sa méchanceté, mais il s’agit ici de préserver l’enfant.

Par exemple, un papa dit à son enfant que maman n’a pas voulu la résidence alternée (RA) alors que lui, la voulait désespérément. Ici, le papa omet de dire qu’il est parti, alors qu’il n’y était pas contraint, à 60 km empêchant par conséquent la mise en place de ce mode de garde. Ici, également, on ne dira pas à son enfant que papa ment ou manipule. On dira "papa a raison ! Je n’étais pas d’accord avec la RA car ton papa habite à 60 km. Cela voudrait dire - ou 2 heures de route A/R pour aller à l’école - ou te retrouver dans deux écoles. Dans les deux cas, ça aurait été trop difficile et fatiguant pour toi. Qu’en penses-tu ? En tout cas, si maman et papa habitent un jour plus prêt l’un de l’autre, on en rediscutera".

Enfin, et pas des moindres, l’enfant devient un messager lorsqu’il répète les dires de son autre parent. Le messager est toujours le plus exposé. Il se retrouve à devoir faire face aux émotions des parents : la colère, l’indignation, la honte, le dégout… etc. Et puisqu’il est le messager, il pense qu’il en est responsable ! Maitrisez donc votre réaction à l’entente du mensonge ? Tentez de montrer à votre enfant que cela ne vous atteint pas plus que cela. En dédramatisant, vous l’aidez ainsi à ne plus se sentir pris dans un conflit de loyauté, entre sa mère et son père.


 

Elodie CINGAL est psychothérapeute à Paris, elle s’est spécialisée dans les problématiques liées aux séparations/divorces et à la recomposition familiale



3 commentaires sur cet article

  • nous 3le 28.02.2017
    bonjour, je suis maman de 2 enfants.ma fille a15mois pour l instant elle parle pas encore. je me suis sépare du papa de mes enfants il ya quelques mois. cet un homme qui ment beaucoup qui a tendance a rajouter plus que se qu'il se passe. nous avons vécu 13ans. c était mon grand amour mais voilà tout ses mensonge ses belle promesse ont fini par nous détruire. je n es plus confiance mais je ne le dénigré pas auprès de mes enfants. il les vois tout les dimanche et un week-end entier de temps en temps. depuis qu on est separer sa fait deux fois quil dit a mon fils de 5ans (dans 1mois) de ne pas me dire quand ils vont chez quelqu'un. bien sur mon fils me dit rien.je l apprend par les autres. mon problèmes est que j ai peur qu'il lui apprenne a mentir en faisant comme sa! quesque je dois dire a mon fils quand il fait sa? c est pas trop mentir c est me le cacher, mais j ai pas envie que mon fils deviennent comme lui. il a perdu énormément d amies en mentant. quel conseil me donneriez vous? et j ai pas envie de me disputé avec le papa pour sa, car il les vois 1fois par semaine.
  • LVDPle 24.08.2014
    en fait, selon ma propre expérience (que je connais le mieux) les enfants qui m'avaient témoigné beaucoup d'amour et avec lesquels j'ai tant partagé de bons moment ensemble, ont subitement changé d'attitude envers moi, et cela, peu après la rupture conjugale (depuis mon départ, le 21 janvier 1994, donc bien avant le divorce qui fut validé +- 12 mois plus tard).
    ils étaient, tous les trois (8,9 et 16 ans) sous l'influence perverse de leur mère qui n'a cessé de mentir, même en 2010, où elle osa prétendre... devant le notaire, sa secrétaire, mon avocat et moi... que depuis mon départ je n'avais jamais versé un ''centime'' pour les pensions alimentaires, ni pour la moitié du prêt hypothécaire...
    interrogé, mon banquier me dit en ce sens : '' oui, monsieur w..., c'est toujours comme ça que ça se passe ! et si vous ne pouvez pas prouver vos versements, vous serez obligé de payer une deuxième fois...''.
    je me rendis bien compte que je n'étais pas le seul, en belgique, à être victime de fausse accusation de cette sorte. bien sûr, j'ai pu fournir toutes les preuves de mes versements et prouver que j'avais été saisi de plus de 20.000 € en trop ! sommes que je n'ai pu récupérer...

    ma fille, qui avait 9 ans en 1993, m'écrivit cet sms : (sic) ''tu vas me laisser tranquille. tes pas mon père, un père ne fait pas ce que tu nous a fait, alors vie ta vie de ton coté sans m enmerder. j espère que ta compris. ciao (23/01/2014 – 18:25)... et ce, après avoir pu la rencontrer sur deux sites internet... comme quoi, même après 20 ans, ma fille reste totalement aliénée aux mensonges de sa mère.

    depuis près de 30 ans, une solution existe pour éviter ces drames de ''parentectomies'' (williams 1990)... en précisant bien que la ''parentectomie'' est la suppression, l'effacement ou la diminution sévère d'un parent dans la vie d'un enfant, à la suite d'une séparation ou d'un divorce
    mais le lobby des avocats s'oppose farouchement à leurs ''business''... malgré que la plupart des juges sont davantage pyromanes que pompiers, et qu'ils ont du sang sur les mains...
  • LVDPle 22.08.2014
    bravo, elodie, pour cet article plein de bons conseils ! je ne manquerai pas de le diffuser parmi mes 20.000 contacts.
    en 1994, j'aurais été très heureux d'entendre (au centre agrée de rencontres) mes deux enfants de 8 et 9 ans, me dire : ''papa, maman m'a dit [...] ''
    depuis plus de 20 ans, et sur plus de 10.000 situations de conflits de ruptures conjugales où des enfants sont impliqués, à ma connaissance, très peu d'enfant sont à même de dire ''maman m'a dit'' ou ''papa m'a dit''. aucun parent ne m'a informé d'une telle attitude de l'enfant. mais en ce qui concerne les séparations normales, ces enfants sont parfois à même d'avoir ce genre de comportement avec leurs ''parents secondaires'', avec lesquels ils vivent seulement 1we/2 et la moitié des vacances, c'est à dire quand il n'y a pas de problème de remises d'enfants.

    les autres enfants aliénés, sont donc victimes de fausses mémoires...

    en réalité, c'est soit le père (le plus souvent) ou la mère qui sera victime de ''parentectomie'' (williams 1990) en précisant bien qu'elle est la suppression, l'effacement ou la diminution sévère d'un parent dans la vie d'un enfant, à la suite d'une séparation ou d'un divorce ; et ce, dès le moment de la ''rupture'' !

    ces mensonges, rencontrés sur plus de 10.000 cas, sont des formes de manipulations-destructrices que les femmes, plus que les hommes affectionnent.
    or, les mensonges sont de réelles escroqueries qui sont punissables très sévèrement au pénal !
    des plaintes doivent donc être déposées au parquet !

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