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Ellen S : scolarité et divorce

par Marie Maillefert

Le point de vue d'Ellen S., deux enfants de 14 et 12 ans, divorcée et élevant seule ses enfants au quotidien.
 
Je connais des cas où la période, qui a précédé et suivi le divorce, s'est déroulée dans un mauvais climat, ce qui a eu des incidences évidentes sur la scolarité des enfants. Je pense en particulier à un couple qui s'est séparé dans les pires conditions. Les enfants ont complètement raté la moitié d'une année d'études, quoique leur père et leur mère soient sérieux et se sentent concernés autant l'un que l'autre par l'éducation de leurs enfants.
 
Quant à moi, je n'ai pas rencontré de tels problèmes, car mes enfants avaient quatre ans et demi et deux ans et demi à l'époque du divorce. A cet âge, ils ne sont pas acteurs et ne portent pas de jugement, ne prennent pas parti. 
 
Aujourd'hui, je vis seule avec mes enfants et je constate une certaine difficulté à structurer leur intelligence par les échanges que nous pouvons avoir durant les repas. Je m'explique : il arrive que mes filles me reprochent de leur donner des leçons. Leçons sur la vie, l'amitié, parler avec les autres, la politesse, l'actualité. Et de fait, sur certains sujets que je pense utile d'aborder, il y a souvent monologue de ma part, ce qui peut être assimilé à la leçon du professeur à l'école. 
 
Si les deux parents étaient présents, ils s'adresseraient le plus souvent l'un à l'autre. Les enfants écouteraient ou non, mais en tous cas ils entendraient inconsciemment, et le contenu de la conversation entre leurs parents ferait son chemin.
Cependant, je dois ajouter qu'en dépit de ce que je considère comme un handicap par rapport à une famille biparentale, mes enfants n'ont pas de retard scolaire. L'une de mes filles est même en avance d'une année. Je ne travaille pas et j'ai toujours été présente et disponible pour elles. Nous discutons. Je les accompagne à leurs sports. Je leurs ai appris à travailler seules et il est exceptionnel qu'elles ressentent le besoin que je les aide, ou que moi-même ressente le besoin de les aider. Le fait que mon ex-mari soit un bon père et partage les mêmes valeurs que moi est certainement un atout important.
 
De toutes façons si on met le problème de l'éventuel retard scolaire des enfants de divorcés en perspective, il ne faut pas oublier que ce qu'ils perdent d'un côté peut être souvent compensé par une maturité plus précoce et une plus grande facilité d'adaptation que les enfants de ménages unis.
 
 Quels conseils donner ? 
 
Mon expérience personnelle et les observations d'autres femmes ayant divorcé m'incitent à recommander en particulier les points suivants :

 - Ouvrir la maison. Accueillir d'autres enfants, notamment pour des repas. Les discussions avec les amis en présence de la mère sont très enrichissantes et bénéfiques pour tous, enfants comme parent .
 
 - Inciter les enfants à lire et à s'exprimer sur leurs lectures. Aller ensemble au cinéma et au théâtre, se promener, faire les courses, constituent également une source d'échanges fructueux.
 
 - Quant à la mère, il est très important pour elle comme pour les enfants d'avoir une vie sociale normale.- Prendre conscience que la vie ne s'arrête pas le jour de la séparation.- Inviter des amis à dîner et demander aux enfants de se joindre aux repas. Le contact avec les adultes est très structurant. 
 



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