Comment se refaire des amis après un divorce?
par Mathieu Mabille
Lorsqu'un couple se sépare, le cercle amical qui l'entourait, bien souvent se brise. Que faire alors pour que la vie en solo ne soit pas une vie en solitaire ? L'Association Française des Solos invite les séparés, divorcés et veufs à partager des loisirs en toute amitié. " L'association est un cadre, un outil que les gens vont utiliser, et qui va leur permettre de se recréer une bande de copains ", affirme Laurent Bavière, président de l'Association Française des Solos (AFS)
Elledivorce.com : comment est née l'idée de créer l'Association Française des Solos ?
Laurent Bavière : après mon divorce, je traversais une période de solitude. En surfant sur le Net, j'ai rencontré une camarade de lycée que je n'avais pas revue depuis vingt ans. Elle aussi, était divorcée, et un peu seule. Nous avons alors décidé qu'il fallait faire quelque chose, pour se refaire une bande d'amis et ne plus rester isolés. En 2000, nous avons créé un premier groupe informel, puis sommes passés au statut associatif en 2001.
Ed : quel est le projet qui anime l'association ?
L. B. : L'association a trois objectifs. Premièrement, aider les adhérents à gérer leur rupture en essayant de préserver les enfants, Deuxièmement, leur faire accepter leur situation de séparé, divorcé ou monoparentaux. Troisième point, leur permettre de rencontrer d'autres personnes, c'est le côté " communautaire ". L'association est une sorte de cadre, un outil que les gens vont utiliser, et qui va leur permettre de se recréer une bande de copains.
Ed : dans quel contexte entendez-vous favoriser l'émergence de ces " bandes de copains " au sein des antennes de l'AFS ?
L. B. : Nos valeurs sont l'ouverture, le respect et la liberté. Notre objectif est d'avoir entre nous, un relationnel qui soit le plus naturel possible. Ça veut dire beaucoup de respect envers l'autre. Pourquoi ? Parce qu'il y a des personnes qui nous rejoignent et qui éventuellement sont prêtes à rencontrer quelqu'un, et qui aimeraient refaire leur vie. Lorsqu'un couple se forme dans l'association, il est libre de rester parmi nous. Cependant, la majeure partie de nos adhérents, sort juste d'un divorce ou d'un deuil, et ils ont surtout envie de se faire une bande de copains, ils n'ont pas forcément envie de rencontrer l'âme s?ur. D'autant qu'à 40-45 ans, quand on a divorcé, on a globalement analysé ce qui s'est passé et on sait ce qu'on ne veut plus, donc on n'est pas forcément pressé. Ce qu'on ne veut pas dans l'association, c'est le côté " chasse ", du type " si t'es là, t'es libre, donc si t'es libre, est-ce que tu couches ? ". Notre objectif premier consiste à reconstituer ou élargir le cercle amical, pas de faire des couples.
Ed : comment est organisée l'association ?
L.B. : l'Association Française des Solos est une association nationale qui est composée d'antennes locales, une par ville principale. Tous les coordinateurs des antennes sont bénévoles. L'AFS compte aujourd'hui plus de 2500 adhérents, répartis en 38 antennes sur toute la France. Nos adhérentes et adhérents ont en moyenne 46 ans. 89% d'entre eux sont divorcés et séparés, 9 % sont veufs, et 2% des célibataires n'ayant jamais été mariés.
Ed : comment fonctionne l'association ?
L.B. : Mis à part les réunions régulières (repas mensuels pour accueillir les nouveaux, rencontres inter-antennes, rendez-vous récurrents propres à chaque antenne) l'association repose sur le principe de " l'auberge espagnole ", c'est-à-dire que chacun des adhérents apporte sa contribution. On ne prend pas les gens par la main, on ne cherche pas à les assister. Toutes les activités, toutes les sorties, sont ainsi proposées par des adhérents qui en deviennent organisateurs. Le nombre d'activités dans une antenne dépend donc de l'implication et du dynamisme de ses adhérents. Tout se fait sur la base du volontariat et de la disponibilité, il n'y pas de " gentil organisateur ", pas de contrainte ni d'obligation.
Ed : selon vous, l'amitié et le partage sont donc importants pour permettre aux solos de se remettre en route, de " rebondir " ?
L. B. : oui, parce que nous sommes confrontés à une nouvelle façon de vivre à laquelle personne ne nous a préparé. Je m'explique. Les gens divorcent aujourd'hui en moyenne entre 40 et 45 ans, il y a près de 130 000 divorces par an en France. Tandis que la génération de nos parents divorçait très peu. Il y a donc comme un fossé générationnel entre nos parents et nous, qui divorçons. Or le modèle socio-culturel de réussite qui nous a été inculqué c'est : " un couple, deux enfants, deux voitures, deux chiens ". Ce modèle exerce toujours un poids social culpabilisant dont il n'est pas forcément facile de se défaire. Franchir le cap de la vie en solo est alors moins problématique lorsque vous êtes entourés d'amis sur lesquels vous pouvez compter et avec qui vous avez des choses à partager, comme c'est le cas dans l'association.
Pour en savoir plus : http://www.divorceoumonop.com







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