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Mon premier Noël de parent solo

par Elodie Cingal


Parce que Noël n’est pas n’importe quelle fête, elle est souvent source de conflit entre les deux parents! C’est une fête familiale et donc elle renvoie forcément au sentiment de perte après la séparation. Il est habituel de s’accrocher aux rituels et à ce que symbolise la famille quand celle-ci part en morceaux.

 

Or, le 1er noël après la séparation est celui où l’un des deux parents n’aura pas les enfants à cette occasion.

 

Pour les deux parents, la mère et le père, il y a une sorte de focalisation sur la date du 24 et du 25 ! Lorsque que l’on ne s’entend pas et que l’on n’est pas encore passé devant le juge, on tend à se partager ces 24h par un découpage entre le soir du réveillon et le déjeuner du 25/12. Personne ne cédant, c’est le compromis que l’on pense le meilleur. Or, mon expérience m’a montrée que c’était souvent une mauvaise idée quand les enfants sont petits. Cela peut surmener les enfants qui n’ont pas le temps de se délecter de leur moment de noël chez chacun. Rappelez-vous, ce qui était magique à noël, ce n’était pas que le moment où l’on ouvrait les cadeaux, c’était aussi ce temps où on les découvrait et on se délectait de les essayer.

 

Lorsque l’on s’entend ce découpage pose moins de souci car le passage entre les deux parents se passe plus en douceur et les enfants n’hésitent pas à partager l’expérience avec chacun. Cela peut même devenir une façon de prolonger son plaisir d’un des noëls avec l’autre parent.

 

Quand l’enfant grandit et est donc capable d’exprimer réellement ce qu’il souhaite comme découpage, il ne faut pas hésiter à le prendre en compte, si cela arrange l’organisation des deux parents. N’oublions pas que des parents sereins à noël sont plus importants que des parents stressés.

Le plus simple est donc d’accepter, la 1ère année – le temps de l’apaisement – l’alternance des vacances et donc de noël et du nouvel an.

Pour ne pas entrer en guerre avec l’autre parent pour l’organisation du 1er noël,

- Il est préférable de ne pas s’accrocher à la date. Cette année, c’est papa ou maman, l’année suivante, c’est l’autre !! Alors au fond, peu importe. Les deux seront forcément à un moment ou un autre lésé. Cela est donc anti productif de se bagarrer pour une date.

 

- L’enfant se moque des dates. Ce qui l’intéresse, c’est de vivre noël. C’est donc essentiellement le parent qui s’accroche à la date. L’enfant se fait aux parents séparés pour Noel. Cela lui permet de vivre parfois jusqu’à 4 noël au lieu d' un seul (lorsqu’on le fête à nouveau avec les grands-parents).

 

- C’est par mon discours que l’enfant vivra mal le noël séparé. Si je n’exprime que ma tristesse de ne plus être une famille, par identification, il vivra cette émotion. Si je lui dis qu’il va y a avoir plusieurs noëls et qu’il est autorisé à être heureux durant chacun, il devrait s’y faire rapidement.

 

- C’est aussi important que le parent qui n’a pas noël rassure son enfant sur le fait qu’il ne sera pas seul et triste. L’enfant doit pouvoir penser à son autre parent sans le savoir malheureux. Cela le priverait d’un moment spontanément joyeux. Pour les petits qui croient encore au père noël, il est sympa d’envoyer une photo à l’enfant lui montrant que le père noël est passé et que la semaine prochaine, ce sera notre tour.

 

- On entend beaucoup, et dans la bouche de tous les psys, ne pas surenchérir les cadeaux par rapport à l’autre parent. Je dis oui, mais j’ajoute que l’on doit faire en fonction de son style à soi. Si j’ai toujours gâté mes enfants à noël, je continue. Si je suis plutôt favorable au cadeau unique, je continue. Je dois faire en fonction de ce que je faisais avant. Ce que l’on ne doit pas faire, c’est être en compétition avec l’autre parent. Les enfants savent très bien qui était le plus généreux dans le couple. Cela doit donc rester pareil. La qualité parentale n’est pas comptable sur une seule et unique fête. Les enfants jugeront leurs parents sur un ensemble.

 

- Lorsque l’on est parent solo, on a également peur que l’enfant s’ennuie. Alors, pourquoi pas un noël avec d’autre amis ou parents solos.

 

- Le 1er noël est très souvent décevant et triste pour tout parent solo. Ce que vous ressentez, ce que vous vivez n’est pas forcément ce que votre enfant vit. Les cadeaux ont été ouvert en 10 minutes, puis plus rien. Le parent ne ressent pas de magie, mais l’enfant oui !! Il s’agit donc d’accepter que noël est une fête pour les enfants et le travail du parent est de se mettre à son niveau. Si je le vois content avec ses jouets, c’est que la magie a pris pour lui ! Tout simplement.

 

- Pour les papas, Noel est un moment souvent  stressant. Durant le mariage, ils ont eu tendance à laisser la maman organiser : le sapin, les décos, le choix des cadeaux, le menu, …etc. Même s’ils étaient actifs, ils avaient tendance à s’en remettre à la maman. Il y a donc souvent une panique à l’idée d’organiser pour la 1ere fois seul Noel. C’est donc l’occasion pour eux d’apprendre et de trouver leur propre style. C’est un moment à partager avec les enfants. Choisir ensemble et créer du lien et de l’amour avec eux. Il n’est pas nécessaire de recopier le style de la maman. Ils auront ce noël avec maman. Ils peuvent construire avec papa leur noël à eux.

 

- Pour les mamans, c’est l’absence de l’enfant qui sera difficile à digérer. Les femmes ont une gestion de l’absence plus sensible. Elles s’inquiètent plus facilement de l’impact que leur absence aura sur leur enfant et souffre de ne pas être avec lui. L’enfant, en revanche, à moins de fragilité, se fait très facilement à l’absence/ présence de son parent. Il est, quoiqu’il arrive dans de bonnes mains, celles de son papa. Téléphonez le soir à votre enfant pour lui souhaiter un bon noël. Un appel court, joyeux et dynamique. L’entendre s’amuser pourra vous rassurer. En revanche il ne faut surtout pas lui exprimer votre manque.

 

- Enfin, pour le parent qui n’a pas l’enfant, il ne faut surtout pas rester seul. Accepter les invitations des amis si la famille est loin. Le sentiment de solitude le soir de noël prend un sens particulier et entraine une réelle souffrance.

 

 

Elodie CINGAL est psychothérapeute à Paris, elle s’est spécialisée dans les problématiques liées aux séparations/divorces et à la recomposition familiale

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3 commentaires sur cet article

  • lelalle 18.05.2016
    bonjour,
    je viens d'arriver sur ce forum.
    je tenais à vous informer qu'il existe un site qui propose un service destiné aux parents solos qui souhaitent vivre en colocation : colocation 40 ans+
    http://www.colocation-adulte.fr
    a bientôt
    cordialement
    p. lelal
  • Elodie CINGALle 24.12.2013
    justine,
    vous avez tout à fait raison. il aurait été dommage de vous priver d'un réveillon de noël avec votre grande famille et le lendemain avec vos parents.
    mais, votre expérience, très riche, ne peut être comparée à celle des enfants de parents séparés. vous saviez que vos parents étaient ensemble, sereins le 24 au soir. vous n'aviez pas à vous inquiéter de leur solitude ou non.
    par ailleurs, ce qui pose problème dans le découpage du 24/25, ce n'est pas le découpage lui-même, c'est la colère qui accompagne le passage de l'enfant chez l'un et chez l'autre. lorsqu'il y a conflit, l'enfant est amputé d'une partie de son noël car il ne peut partager chacun de ces moment avec l'autre et il n'y a donc pas de continuité. il y a des moments tranchés.
    bien évidement, cela n'aura pas de conséquences graves sur l'enfant, c'est juste éviter de lui retirer une petite part de rêve.

    joyeux noel

  • justinele 20.12.2013
    j'ai passé mes plus petites années dans ce "découpage", et lorsque je visualises des photos, des flashs me reviennent en mémoire et aujourd'hui ? des étoiles dans les yeux à l'évocation de noel ... le soir du réveillon, nous le passions, ma soeur et moi, auprès de mes cousins, cousines, et le lendemain, le jour de noel, chez nos parents. papa noel était, bien sur, passé aux deux endroits ... moments magiques et formidables ... si mes parents avaient divorcés, il y aurait eu ce "découpage". le soir chez l'un, la journée chez l'autre. est-ce que je m'en porterai plus mal ? non ! bien sur ! s'ils avaient été séparés et qu'ils vous auraient écouté, je n'aurais jamais eu tous ces beaux souvenirs ... et cela aurait été fort dommage ...

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