Parole de femmes : un divorce réussi
par Hortense Guiller
Marianne, 51 ans, habite Troyes, 2 enfants, 17 et 13 ans, agent immobilier
Une séparation heureuse
" Nous avons décidé de nous séparer, mon mari et moi, par lassitude de la vie à deux. Cela s'est passé très rapidement.
Après en avoir parlé, la procédure a été engagée au bout de 3 mois. Le divorce prononcé au bout de 10 mois.
Il en a été ainsi, car nous avons divorcé par consentement mutuel. Nous étions d'accord tous les deux sur la garde des enfants et les pensions alimentaires.
L'avocat était un ami commun et il a fait exactement ce que nous voulions et le juge a suivi ".
Lucile, 32 ans, habite Paris, 1 enfant de 6 ans, contrôleur de gestion
Garde alternée
"Nous avons divorcé par consentement mutuel il y a cinq ans. Nous avons eu un seul enfant qui était tout petit à l'époque.
La garde alternée n'existait pas au plan juridique, et le juge m'a donné la garde de Valentin. Mais mon métier m'obligeait à de fréquents déplacements en province.
Heureusement, mon ex-mari avait, lui, un emploi sédentaire, et il avait trouvé un logement non loin de chez moi. C'est tout naturellement que nous en sommes venus à la résidence alternée, sans passer devant le juge aux affaires familiales.
Il a fallu prendre des décisions ensemble : religion, études, type d'éducation. Ça n'a pas toujours été évident.
Il y a des erreurs à ne pas commettre. Par exemple Noël ou l'anniversaire ensemble : quand l'un des parents s'en va, l'enfant est déboussolé et veut qu'il reste. D'autre part, le père de l'enfant n'était pas trop doué pour s'occuper de l'enfant au quotidien. Il avait tendance à reporter sur les cadeaux ce qu'il ne donnait pas en présence, comptant trop sur la baby-sitter. Mais au total, je trouve que c'est une bonne solution pour l'enfant.
Anne, 27 ans, habite Roubaix, sans enfant, décoratrice
Un ex en or
Quand il m'a dit qu'il voulait reprendre sa liberté, le ciel m'est tombé sur la tête. Et cela a été pire quand j'ai appris qu'il partageait sa vie avec une autre depuis déjà plusieurs années. Mais maintenant je trouve que c'est une chance qui s'est présentée à moi.
Je m'étais marié juste après le bac et Yves était beaucoup plus âgé que moi. En fait, il représentait le père que je n'avais pas eu. Avec lui je prolongeais mon enfance. Je n'ai pas fait d'études supérieures. Je n'ai pas travaillé. Yves avait une belle situation et nous n'avions pas besoin d'un second salaire. Il s'est senti coupable de ne m'avoir pas poussé à faire des études. Il s'est montré généreux : il m'a offert des études dans l'école de mon choix et m'a versé une pension très correcte jusqu'à ce que je trouve un job. Je vis maintenant avec un garçon de mon âge et je suis très heureuse avec lui.
Christiane, 74 ans, habite Vernon, 5 enfants, retraitée.
Un nouveau départ à 72 ans
On ne s'entendait plus depuis longtemps. D'abord, on s'était dit qu'on se quitterait après le départ de notre dernier enfant. Ensuite, quand mon mari céderait son cabinet. Il est médecin, et j'étais son assistante depuis qu'il avait quitté l'hôpital pour exercer dans un cabinet.
Mais c'est à croire qu'on était masochiste et que nos engueulades quotidiennes nous étaient devenus indispensables : à chaque échéance qu'on s'était fixé, il y avait toujours un bon prétexte pour en trouver une autre. Enfin, j'ai pris ma décision quand j'ai appris que je pouvais avoir de quoi vivre décemment, même si je n'avais jamais été déclarée. Mon mari a gardé notre appartement à Evreux, et moi j'ai pris la maison de campagne, où je suis tranquille au milieu de mes roses, de mes enfants et petits-enfants quand ils viennent en vacances.






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