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La position de l'église catholique face au divorce

par O Rousseau

Choisir de se marier religieusement donne une dimension spirituelle à la cérémonie. Lors de la célébration du mariage catholique, les époux promettent solennellement devant Dieu et devant l'Eglise de s'aimer et de rester fidèle durant la vie entière.
Mais voilà, au fil du temps, l'amour s'effrite, le couple bat de l'aile, les époux constatent qu'ils se sont trompés et ils envisagent la séparation.
Comment le divorce est-il perçu par l'Eglise catholique ? Quelles conséquences sur la vie religieuse ? Quelles solutions pour ne pas se sentir exclu de la communauté chrétienne ?

Pour les catholiques, le mariage à l'Eglise n'est pas un simple contrat juridique, il crée un lien sacré entre les époux, ce lien engage pour toute la vie.
« Ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer » dit l'Evangile. Autrement dit, les liens du mariage religieux ne peuvent pas être rompus.
L'Eglise accepte malgré tout  qu'un couple marié religieusement soit amené à se séparer ou même à divorcer. Le fait de vivre séparé de son conjoint n'est pas un péché ni un motif d'exclusion.

 

Par contre, l'Eglise ne permet pas le remariage religieux d'un époux divorcé puisqu' il est impossible de rompre le lien sacré du mariage pour célébrer un second mariage. Cette position a pour conséquence directe de priver du mariage religieux le chrétien baptisé qui souhaite épouser une personne divorcée.

 

Mais c'est à l'égard des divorcés remariés civilement que l'Eglise adopte une position plus sévère : l'accès à la communion leur est refusé. « Heureux les invités au repas du Seigneur » , dit le prêtre à l'assemblée de chrétiens. Cette invitation ne s'adresse pas aux chrétiens divorcés remariés civilement ; eux, n'ont pas le droit de s'approcher de l'autel.

 

Certes, ces chrétiens conservent leur place dans la communauté catholique, ils ont le droit d'animer les célébrations, d'être parrain et marraine, de bénéficier d'obsèques religieuses mais leur participation à la vie de l'Eglise se trouve malgré tout réduite.

 

Quand on connaît toute la souffrance qui se cache derrière un divorce, on a du mal à comprendre que l'Eglise ne prenne pas en compte « ce droit à l'erreur » et refuse d'assouplir sa position.

 

Depuis quelques années, les actions se multiplient partout en France et notamment à Paris. A l'initiative d'un prêtre Guy de Lachaux et d'une laïque Jeanine Martin, des groupes de divorcés remariés se rassemblent. Leur démarche, « permettre aux personnes qui se sentent exclues, d'exprimer leur révolte, leur désarroi et leur incompréhension de voir l'Eglise leur refuser l'accès à la communion ».

 

De son côté, l'Eglise, sous l'impulsion de certains évêques propose des pistes de réflexion. Ainsi, dans la plupart des diocèses,  des structures d'accueil ont été mises en place pour accompagner les divorcés remariés. Preuve que les mentalités sont en train d'évoluer dans le bon sens.

 

Parmi les pistes envisagées pour réintégrer les divorcés remariés, l'assouplissement de la reconnaissance en nullité du mariage. L'Eglise a le droit de déclarer nul le mariage. Au vu de certains faits établis, le Tribunal diocésain constate que la réalité du mariage n'existait pas, que le mariage a été célébré à tort.

 

Quelques exemples de vices retenus pour déclarer la nullité du mariage :
- Le mariage a eu lieu sous la pression des familles.
- Il y avait un refus caché de la fécondité.
- L'un des époux est atteint de troubles psychiques rendant impossible la vie de couple.

 

Comment faire la demande de déclaration de nullité du mariage ?
Il faut d'abord s'adresser à l'Evêché pour connaître les coordonnées du Tribunal Ecclésiastique. Ce dernier désignera un avocat pour vous conseiller et vous aider à rédiger un mémoire expliquant les motifs de votre demande de nullité. Après avoir reçu votre déposition et entendu les témoins, trois juges prendront la décision d'accorder ou pas la nullité du mariage. La sentence sera ensuite prononcée, la procédure aura duré environ 18 mois pendant lesquels vous ne devez pas céder au découragement.

 

Malgré quelques signes, annonciateurs d'espoir pour tous ceux qui souffrent, le chemin de la réhabilitation semble encore lointain.

 

Alors, pourquoi ne pas se référer aux premiers siècles de l'histoire de l'Eglise ? Pourquoi ne pas s'inspirer de la pédagogie pastorale de Saint Basile Le Grand qui, dès le 4ème siècle impose aux divorcés ou veufs remariés une sorte de thérapie spirituelle basée sur une période de pénitence à l'issue de laquelle le baptisé est réhabilité.

 

Voilà une façon de concilier la justice de Dieu et la miséricorde. « Purger sa peine », obtenir le pardon de l'Eglise et démarrer enfin une nouvelle vie, c'est le souhait de nombreux chrétiens divorcés remariés qui se sentent exclus.
Dieu n'est-il pas amour ? «  La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses oeuvres », ces paroles de l'Evangile nous donnent toutes les raisons d'espérer en la miséricorde.
 

 


15 commentaires sur cet article

  • marilou21le 22.07.2016
    la méconnaissance de nos anciens fait que l'exclusion est plus ou bien moins ressentie face à l'église lorsqu'il y a divorce. pour ma part, mes parents ont crus pendant quelques années que j'étais excommuniée, exclue de l'église, que je n'avais plus droit d'assister à aucune cérémonie, et que j'entrainais mes enfants dans cette chute. ainsi ma mère a cru que mon divorce m'avait amenée a annuler la confirmation de mes enfants, or il s'agissait de leur choix et que j'ai écouté ces choix sans avoir voulu leur imposer cet acte, alors que les baptêmes, petites et grandes communions avaient été bien suivies. je les ai suivies tout au long de leur catéchisme seule car mon mari n'en voyait pas la nécessité. lors du décès de ma mère en 2011, 7 ans après mon divorce, j'ai été exclues de la cérémonie religieuse par mon père et mes freres et sœurs. au grand étonnement du reste de ma famille. nous étions deux filles et un frère, et seule ma sœur ainée et ma belle sœur ont allumé le cierge près du cercueil de ma mère. j'en ai ressentie une profonde blessure, dont je n'ai pas pu m'expliquer près de ma sœur et de la femme de mon frère. et encore moins près de mon père. je traine après moi un ressenti du vilain petit canard qui ne fait rien comme les autres (les autres enfants qui vont à la messe et qui ne sont pas divorcés.)
  • kaloule 23.09.2015
    je vous avoue , qu'entre toutes sortes de violences, une des pires a été, quand j'ai vu mon mari ( devant dieu )communier , avec sa troisiéme femme ,devant moi, dans notre cathédrale... j'en suis même tombée dans les pommes, ma fille ainée a dit à son père, qu'il avait été trop loin!!!.. à la fin de la messe ,(je sentais que je devais le faire) , je suis allée lui dire, qu'un jour nous nous étions fiancés en partageant le corps et le sang du christ... à cause de cela, la troisiéme femme est allée, au poste de police civil pour porter plainte contre moi, elle m'a traitée de sale merde et fille de satan... pour le mariage de notre fils, elle était là, avec sa fille, d'une autre union,.. et pour le baptéme de mon petit fils, ma fille a demandé à son père de venir seul... il est vrai vu, ce que mon mari avait marqué sur notre bible, vu le grand partage spirituel du début, je ne comprends plus rien... je refusais, le divorce,car cela me maintenait sécurité sociale et secours, mais maintenant, je demande le divorce et pour cela j'ai vu qu'un divorce fait sous curatelle peut étre frappé de nullité... sur le plan religieux je ne demande pas de nullité, car je n'ai failli, ni dans la liberté, la fidélité, l'indissolubilité et l'appel à la vie... de toute façon je suis très attachée au christ, et dans le sacrement de mariage catholique, nous sommes 3, à nous engager!!l'église devra songer à cette instance pré- divorce civil et à s'occuper des femmes blessées et pour cela je suis pour la réhabilitation des diaconnesses!!!a suivre
  • kaloule 23.09.2015
    j'ai été mariée, par le sacrement de mariage catholique, qui, pour moi, comptait plus que le mariage civil... depuis 25 ans, je vis un divorce atroce,sur fond de diffamations, violences,vices de procédures, mise en curatelle, alors que je suis double nationalité... franco-suisse... à cela s'ajoute une succession houleuse... bref, j'aimerais vraiment, qu'un avocat de la personne me sorte de là, mon cas, se sont plusieurs affaires a tiroirs... je suis psychologue moi même et très religieuse, j'ai même fait tout un travail sur" le sacrement de mariage", il me semble que tout se simplifierait, s'il y avait, comme nos frères juifs et orthodoxes, une premiéres instance, dans notre église, car au jour de notre mariage, nous nous engageons bien, à la vie et élever nos enfants, au devoir de secours... avec"le mariagepour tous" se sera encore plus terrible... pour ma part , je sais que l'église accepte la séparation de corps, quand lâme et l'esprit de l'un des conjoint ou des enfants est mis en danger.. dans mon cas, je reconnais, maintenant ,avoir eu a faire à un manipulateur pervers narcissiques violent, haut placé, protégé.. outre les coups, mes enfants, mon chien et moi avons été expulsés de notre foyer , sans rien devoir, je suis restée 2 ans sdf. et après mon mari, est arrivé à me faire mettre en psychiatrie , et à faire convertir une séparation de corps en divorce, d'ou pas de defense, exit les coups, l'expulsion, mes 2 ans sdf et main mise, de l'etat français sur tous mes biens et ma personne, par l'intermédiaire d'une curatelle renforcée( alors que je suis aussi suisse, de 2007 a aujourd'hui) je traverse les aéroports, comme une mandigote,une clandestine, vu le milieu d'ou je viens!!!!!... j'attens le cabinet d'avocat? qui, osera prendre ma défense, me rendre ma liberté, mes droits , ma dignité , de gros dommages et intéréts et bien sure une somme conséquente pour ce cabinet... d'ailleurs, pour toute mes compagnes décédées, je suis préte à remonter à la cour européenne des droits de l'homme, puisqu'amnesty internationale, a dénoncé l'etat français en 2003 , crime d'état, pour les victimes de violences et après"l'enfer" des représailles économiques et des tracasseries administratives, il y a le stress post traumatique, l'emprise, l'aliénation parentale... bref de quoi être profondément détruite, ma foi et mon art, le chant m'ont permis de résister, mais je vois, que ni la sociàté, ni l'église n'aiment, qu'on aborde la violence.. et, à partir de là il y a des réformes immédiates à faire... là je vais aller seule en justice, car abus de curatelle qui veut me forcer à vendre... 25 ans que cela dure!!! et, en me faisant passer pour malade psy, je ne suis pas victime; le crime parfait!! en tous les cas, il y a tellement de conflits d'intéréts, de trafics d'influences, qu'il faudrait, qu'ailleurs on prenne mon dossier pour me défendre et me libérer cqfd sos abon entendeur, salut!!!
  • cartablele 09.02.2015
    est ce que l'eglise peut refuser une demande de divorce a un couple mariés a l'église?
  • marjyle 29.01.2015
    est-ce que le prêtre demande avant de donner l'eucharistie si la personne est mariée, divorcée, remariée?? a mon sens, non!! alors toutes personnes peut aller communier en son âme et conscience sans que le prêtre y voit que du feu!!
    l'eglise a un tel retard sur la vie actuelle, ça en est affligeant !!
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